St Philippe Néri dans « L’homme nouveau » – octobre 2020

       

Au nord des Yvelines, près de la Seine, à
Vernouillet, s’est créée en 2018 l’école hors
contrat Saint-Philippe-Néri. Fondée par des
parents, accueillant des enfants porteurs de
handicap, l’ambition annoncée est de contribuer
à la formation complète des élèves : intellectuelle, humaine, spirituelle, artistique et physique. Changement de directrice, travaux de
grande ampleur…, c’est une école en mouvement
que présente le Conseil d’administration.

 

Quelle est la genèse de l’école Saint-Philippe-Néri ?

Nous avons eu le désir de fonder une école offrant aux enfants un enseignement
de qualité et profondément enraciné dans la foi catholique. Nous voulions une
école dans la continuité de l’éducation reçue à la maison. Ce type d’établissement
n’existait pas dans ce secteur des Yvelines. Ayant déjà des enfants scolarisés dans
des écoles hors contrat et convaincus de leurs bienfaits, nous souhaitions que
d’autres familles puissent en bénéficier et ainsi œuvrer pour le bien commun.

Au-delà de l’idée de départ, comment avez-vous concrétisé votre projet d’école ?

Dans un premier temps, nous avons défini ensemble les
contours de cet ambitieux projet : la devise – nourrir
l’intelligence et réjouir les cœurs –, les piliers – une école
catholique, ouverte à tous, une qualité d’enseignement
reposant sur des méthodes classiques d’apprentissage,
un lieu de joie et d’unité – et la charte de l’école.
Conscients de l’ampleur du défi et de notre manque
d’expérience, nous avons en parallèle rencontré plusieurs
directeurs d’écoles hors contrat. Nous avons également
fait appel à la Fondation pour l’École (FPE) qui a formé
certains membres fondateurs, donné les clés nécessaires
pour monter la structure associative et indiqué les écueils
à éviter.
Nous avons trouvé par la suite des locaux adaptés à nos
besoins, une directrice expérimentée, madame Borne,
partageant notre vision. Elle s’est entourée
d’une équipe d’enseignants de qualité.

 

Pourquoi avoir choisi le nom de saint Philippe Néri ?

Au cours d’une de nos nombreuses réunions, nous avons réfléchi au nom
que nous souhaitions donner à notre établissement. L’une d’entre nous a
soufflé le nom de saint Philippe Néri. Les caractéristiques de ce saint, très
joyeux, original dans ce qu’il proposait aux jeunes, fougueux… ont touché tout
le monde. Nous nous sommes sentis proches de lui et avons décidé de nous
mettre sous son patronage en lui confiant notre école.

 

Dès votre création vous avez accueilli des enfants « extraordinaires »                                                                                                                     [terme employé de préférence par les parents d’enfants porteurs d’un handicap]

Oui, même si la création de notre établissement n’était
pas motivée par cette dimension d’accueil d’enfants
différents, ce choix a été le fruit d’une réflexion commune.
Certains fondateurs ayant des enfants porteurs de handicaps
ont soulevé cette question, en insistant sur la volonté de
ne pas faire peser leurs choix personnels sur la structure.
Il est vrai que cet accueil nécessite plus de moyens humains
et financiers, un accompagnement spécifique, etc. Les
membres du Conseil d’administration et la directrice
ont reçu favorablement cette proposition. L’État étant
défaillant sur le sujet, si les écoles hors contrat ferment
leurs portes aux enfants « extraordinaires », qui les
accueillera ? Lors de l’ouverture de l’école, deux enfants trisomiques ont donc fait leur
rentrée à Saint-Philippe-Néri, notamment grâce
à des auxiliaires de vie scolaire bénévoles.
Nous aimerions dans un futur proche ouvrir
une classe spécifique pour les enfants « extraordinaires »
avec un accompagnement par des spécialistes. 

Quelle est l’implication demandée aux parents dans la vie de l’école ?

Nous essayons de ne pas trop en demander aux parents qui assument déjà les coûts de scolarité.
Ils participent tour à tour et sur la base du volontariat au ménage de l’école. Il y a aussi les
samedis « papas bricoleurs » où ceux qui peuvent sont attendus pour accrocher un portemanteau,
réparer une chaise, poser une clôture, peindre le portail etc… Les grands frères des enfants
inscrits viennent aussi aider et c’est finalement un beau temps partagé et efficace pour embellir notre
école.
Nous avons la grande chance d’avoir des parents voulant s’investir pour le bien commun de l’école Saint Philippe Néri.

Les écoles hors contrat sont souvent coûteuses. Comment faites-vous pour ne pas avoir des frais de scolarité rédhibitoires ?

Notre école ne se veut pas élitiste, tant sur le niveau
(nous ne sélectionnons pas prioritairement les enfants
qui auraient un bon dossier scolaire), que sur les coûts
de scolarité : nous souhaitons que l’école Saint-PhilippeNéri soit ouverte à tous et accueille largement. Quand
nous rencontrons des familles intéressées, nous insistons
sur le fait que l’aspect financier ne doit pas être un frein.
C’est une question de cohérence avec notre projet et le
message de l’Église. Bien entendu, ce choix et la volonté
de payer correctement les employés de l’école nécessitent
une recherche de dons importante. Le choix d’une école
catholique nous prive des aides de nombreuses Fondations
qui demandent une charte laïque. Les Fondations
catholiques sont déjà très sollicitées. Nous avons la chance
de compter sur des donateurs généreux mais chaque
année est un nouveau départ dans la recherche de fonds.
Nous sollicitons les familles pour qu’elles relaient auprès
de leurs connaissances nos différentes campagnes de
dons. Nous souhaitons également mettre en place des
parrainages pour nos enfants « extraordinaires ». .

Comment se manifeste la catholicité de votre établissement ?

La volonté de transmettre la foi catholique est bien sûr
au cœur de notre projet.
Chaque journée commence par la prière du matin, à
laquelle les parents sont invités à se joindre tous les
mardis. Les enfants en classe de primaire ont la grâce
d’assister une fois par semaine à la messe (sous les deux
formes : ordinaire et extraordinaire), c’est aussi pour eux
l’occasion de se confesser. La présence des enfants et
leurs chants touchent les paroissiens. Enfin le catéchisme
est enseigné par les institutrices. C’est une matière à part
entière, requérant un apprentissage, des devoirs etc.
L’ensemble de l’enseignement est irrigué par la religion
catholique avec un réel éveil au beau, au bien, au vrai.
L’école dispose de coins prière dans toutes les classes et
un oratoire a été récemment installé.
Nous ne bénéficions pas aujourd’hui d’aumônerie dédiée
mais le curé de la paroisse passe régulièrement dans
chacune des classes enseigner aux enfants.

Vous avez lancé une grande campagne de développement. Quels sont vos projets ?

L’école a acheté une petite maison avec un grand terrain.
Aujourd’hui cette maison devient trop petite, nous avons
dû rajouter des bâtiments modulaires provisoires dans
le jardin.
Avec l’aide de deux architectes, nous avons déposé un
permis de construire afin de pouvoir avoir des locaux
conformes à nos ambitions : 400 m2
de bâtiments construits
autour d’une belle chapelle. Un projet de ce type montre
le dynamisme et la joie de notre école qui toucheront,
nous l’espérons, un grand nombre de donateurs et de familles. ◆

PROPOS RECUEILLIS PAR ODON DE CACQUERAY

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